Accueil > Société | Par Bernard Hasquenoph | 19 décembre 2012

Vitrines de Noël, un vulgaire étal de luxe

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En fin d’année, les vitrines des grands magasins du boulevard Haussmann offrent un spectacle féérique. Des automates s’animent dans des décors scintillants sous le regard émerveillé des enfants. 2012 ne déroge pas à la règle, sauf que cette année danseuses, pingouins et ours en peluche arborent des sacs… Vuitton ou Dior. Les marques de luxe, toutes deux dans l’escarcelle du groupe LVMH, ont investi les vitrines du Printemps et des Galeries Lafayette, transformant une animation populaire, aussi courue que les illuminations des Champs-Élysées, en spot publicitaire. La holding du faste chercherait-elle à recruter sa future clientèle au berceau en imprimant ses logos dans des jeunes cervelles malléables ? Exit la magie de Noël, le cynisme a remplacé le rêve. Du sac « Miss Dior » (2500€) à la malle Vuitton (44500€), autant dire que chez LVMH le père Noël a du pognon, qu’il étale avec beaucoup d’arrogance en ces temps de crise sous le nez des passants. Des vitrines clinquantes qui jettent une lumière crue sur la précarité et la misère de la rue, stands des camelots installés sur le trottoir, caddies rafistolés des marchands de marrons chauds, étals de jouets disposés à même le sol par des vendeurs à la sauvette. Noël 2012 boulevard Haussmann : toute la vulgarité du luxe.

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