Jérôme Guedj, comme un député communiste à la Knesset

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L’un à Paris, l’autre à Jérusalem : il ne fait pas bon s’opposer à la folie belliciste de Benyamin Netanyahou.

La scène tourne en boucle sur les réseaux sociaux français : ce dimanche 7 avril à Paris, à l’occasion d’un rassemblement pour la libération des otages du Hamas, Jérôme Guedj s’est fait copieusement huer par la foule et invectiver par son collègue député Meyer Habib.

Pourquoi ? Pour avoir demander « la protection des civils palestiniens ».

Reprenons depuis le début. Ce rassemblement, face à la tour Eiffel, était organisé par le Crif. Il a réuni une centaine de personnes, dont quelques personnalités comme Patrick Bruel. Sur l’estrade, au milieu d’élus de droite et macronistes, le député socialiste n’est clairement pas en territoire ami. À peine tient-il le micro entre ses mains que les huées débutent. Et il dit :

« À cette tribune, comme je l’entends dans le public, il y a des gens qui ne pensent pas la même chose sur tout. Je vais vous faire une confidence qui n’en est pas une. Dans les rues de Tel-Aviv en ce moment, et dans les rues d’Israël, il y a des gens qui ne pensent pas la même chose sur tout. Ce qui fait notre honneur [le député Meyer Habib crie à plusieurs reprises, au micro, ‘Démissionne de la Nupes !’], c’est que nous, nous respectons la démocratie. Nous respectons les position divergentes. Et nous nous rassemblons sur un mot d’ordre [une personne sur la tribune scande au micro ‘Libérez les otages !’]… Si vous n’êtes pas d’accord de vous rassembler sur un mot d’ordre, celui de la demande de la libération des otages, que je porte depuis le premier jour, que tous ceux qui sont à gauche portent depuis le premier jour. Si vous n’êtes pas capables d’être avec les alliés qui défendent le droit à la sécurité d’Israël, qui combattent le terrorisme islamiste. Si vous n’êtes pas capables de faire l’union sacrée, alors, vous resterez seuls. [Une personne dans la foule le tire par le manteau pour le faire tomber de l’estrade.] Je suis fier et heureux de demander la libération des otages, de demander la protection des civils palestiniens, parce que nous avons une humanité commune. »

Jérôme Guedj met un point d’honneur, depuis le 7 octobre 2023, à tenir une position équilibrée sur la situation à Gaza. C’est ainsi qu’il a toujours fait. Aussi l’entend-on tout autant dénoncer les crimes du Hamas que la réplique d’Israël. Une position qui lui vaut de recevoir des noms d’oiseaux, de part et d’autre. Or, pour cet attroupement, le député socialiste va trop loin. Pour ce qu’il est – un député de gauche – et pour ce qu’il dit – il nomme les Palestiniens.

À ce moment-là, à cet endroit précis, Jérôme Guedj était un intrus. Le mot d’ordre, comme il dit, était celui de la vice-présidente du Crif : « Notre cri, c’est d’exiger la liberté pour nos frères et sœurs martyrisés. Cette guerre pourrait se terminer demain si le Hamas libère les otages […] Parler de famine à Gaza, c’est croire les terroristes qui glorifient la mort ».

Paris, Jérusalem, même combat

Hasard de l’histoire, quasiment au même moment, en Israël, un autre député de gauche se fait violenté sur une tribune. Voici ce qu’on pouvait lire, le 5 avril, dans L’Humanité : « Le député communiste Ofer Cassif a été expulsé de la tribune de la Knesset après avoir dénoncé les attaques d’hôpitaux à Gaza par les soldats israéliens et qualifié les opérations militaires à Al-Shifa de ‘crime de guerre’. »

Ofer Cassif est un député israélien, communiste, juif. Il ose être de ceux qui s’opposent à la folie belliciste de Benyamin Netanyahou. Comme ces milliers de personnes qui manifestent à Tel-Aviv et ailleurs. Ceux pour qui l’exigence de la libération des otages n’est pas synonyme de massacre de dizaines de milliers d’enfants. Ou, comme l’écrivait ici-même Roger Martelli, « on peut condamner sans ambages les crimes commis par le Hamas et clamer haut et fort que doit cesser immédiatement le massacre perpétré sur la population gazaouie. Et honte à ceux qui acceptent l’inacceptable ! »

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6 commentaires

  1. Lucien Matron le 9 avril 2024 à 03:36

    Aucun juif et aucun ami du peuple juif ne devrait soutenir la folie meurtrière de Netanyahou tout comme aucun palestinien et aucun ami du peuple palestinien ne devrait soutenir la folie terroriste du Hamas. C’est la seule position juste dans ce conflit. C’est celle que tient le député Jérôme Guedj depuis le 7 octobre. Tout le contraire de l’indignité du député Habib Meyer.

    • Gege le 9 avril 2024 à 13:32

      Vous et Loïc avez la mémoire sélective. Qui a applaudi le discours de la présidente de l’ AN appelant à un soutien inconditionnel d’Israël ?o

    • Jean pierre Dropsit le 12 avril 2024 à 10:43

      C’est courageux de la part de Jérôme guedj d’avoir porté la contradiction !
      Il a su redonner de la noblesse à la politique !
      La France devrait reconnaître pleinement un état palestinien avec les frontières de 1967

  2. Michel Davesnes le 10 avril 2024 à 02:47

    « Jérôme Guedj met un point d’honneur, depuis le 7 octobre 2023, à tenir une position équilibrée sur la situation à Gaza ».
    Sauf quand il insulte les Insoumis en disant qu’ils légitiment les modes d’action du Hamas, sous prétexte qu’ils n’ont pas voulu dire qu’il s’agit d’une organisation terroriste. LFI n’a pourtant cessé de dire que la branche militaire du Hamas a commis des crimes de guerre et utilise des méthodes terroristes, mais ça ne suffit pas pour les soutiens d’Israël. Pour eux, à l’instar d’un Manuel Valls, expliquer c’est justifier.

  3. Jean-Pierre Reyal le 12 avril 2024 à 13:34

    Lorsqu’on voit la sauvagerie des Israéliens, tant les soldats que les civils, on se dit que les mouvements qui sont intervenus le 7 octobre contre Israël, pas seulement le Hamas, n’auraient pas pu agir autrement que violemment, d’autant que dans les kibboutz les Israéliens sont armés jusqu’aux dents. Israël a formé le Hamas, il ne faut pas s’étonner que l’élève applique les méthodes du maître !
    C’est d’ailleurs une escroquerie de faire partir cette affaire au 7 octobre 2024, ça dure depuis 75 ans avec des milliers de Palestiniens assassinés. Sans oublier le fait qu’Israël détient depuis des lustres des milliers d’otages qui sont violentés, et même violés, dans les prisons israéliennes.
    Quant au droit d’Israël à se défendre, on voit bien qu’Israël est l’agresseur à Gaza, en Israël, contre son propre peuple, et en cis-Jordanie. L’agresseur, c’est la secte nazie/sioniste qui dirige Israël. Israël est bien évidemment un état terroriste, et ce, depuis sa création.
    Nazie ? Eh bien le nazisme, c’est un mode d’organisation sociale et économique dont le peuple est exclu, assorti d’un discours suprématiste qu’on lit dans Mein Kampf ou qu’on entend dans la bouche des bandits sionistes qui dirigent Israël.
    Les otages ? Oubliez-vous qu’il y a parmi les otages des soldats qui sont alors des prisonniers de guerre, et que pour 200 otages à Gaza, des milliers croupissent dans les geôles israéliennes ?

  4. Gege le 17 avril 2024 à 16:46

    De qui Jérôme Guedj est il le nom.
    Jérôme Guedj a hurler avec les loups (interview Sud Radio) , avec les loups il a contribué à faire pression sur la présidence de l’université de Lille . Résultat, cette dernière interdit , moins de48h avant, le déroulement d’une conférence de JL Mélenchon et Rima Hassan . Conférence organisée par une association d’étudiants agréée par l’université, ayant pour sujet la Palestine . Je vous invite à lire les communiqués de la dite association et celui de la présidence de l’université car je n’est pas les liens .
    Appelons un chat, un chat, c’est de la censure pure et simple. Cerise sur le gâteau ni lui ni le PS n’assument, ils n’y sont pour rien , qui peut les croire ?

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