BILAN DU JOUR
Un mois et demi de violence policière
Depuis le 18 septembre et le début du mouvement lycéen à Créteil, la France a connu un déferlement de violences. Le bilan est épouvantable : plus de 13 000 interpellations, au moins 866 blessés – difficile d'obtenir un chiffrage pour les journées du 31 octobre et du 5 novembre –, 16 personnes mutilées, une dizaine de blessés graves et deux morts niées par le gouvernement. Ajoutez à cela l'usage de l'arsenal législatif anti-terroriste contre des manifestants, des conditions de détention indignes d'une démocratie, des interdictions de manifester, des couvre-feux et une justice expéditive… et vous avez le bingo ! Manifester en France est devenu un danger. On peut rentrer chez soi avec un œil ou une main en moins, avec le visage fracassé par un tir à bout portant. Comment nos ministres, qui assument une réponse « proportionnée », peuvent-ils encore se regarder dans une glace ? Le pire n'est même pas là. Si la Macronie, un mouvement politique qui se veut démocratique, peut se permettre une telle violence, quel cran supplémentaire restera-t-il à Marine Le Pen pour « mater la rébellion » ? Les pistolets, les tanks et la barbarie. La porte est entrouverte.